#1 – Coincée

Il y a des choses que j’ai envie de dire parfois. Alors, je sors un de mes nombreux carnets, je débouche mon stylo plus vite qu’il n’en faut pour le dire et… je reste scotchée. Cela ne sort pas.

Dans ces moments-là, c’est comme s’il y avait une boule coincée entre mon cerveau et ma main ; boule qui empêche le sang de passer, qui empêche ma pensée de se formaliser, de se mettre en mots, qui m’empêche de m’exprimer.

Comme si au fur et à mesure que la pensée prend vie dans ma tête, que l’envie de la noter est complète et que j’attrape ce qu’il faut pour l’immortaliser, parfaite… je finis par me retrouver l’esprit vide, le crayon en l’air… et ne résonne alors plus qu’une petite brise chaude et déterminée, s’employant à pousser hors de la ville déserte, mes idées.

Le vide m’occupe, alors, m’étreint en mon sein, semble m’écraser, m’empêche de respirer…

Peut-être est-ce mieux. Tout balayer plutôt que d’avoir à assumer la nuance déferlante de mes prises de conscience…